vendredi 8 novembre 2013

19. Vous ne vous trompez pas de trou ?

Ma gynécologue, devant mon air outré lors de son interrogatoire invraisemblable, m’a certifié qu’elle en voyait des vertes et des pas mûres. Vous voulez un exemple saugrenu ? Un jour, un couple s’est présenté à elle, se plaignant de ne pas arriver à concevoir. Au bout de quelques minutes, elle s’est rendu compte, qu’en effet, ces gens-là, se trompaient de trou… Mais ledit orifice n’est pas celui auquel vous pensez… En effet, le monsieur insérait sa zigounette, dans… dans… dans le nombril de sa femme. Ce fameux couple, dès qu’ils ont enfin comprit le mode de fonctionnement de la procréation, ont eu un test positif au cycle suivant (quand je dis qu’il n’y a pas de justice !).

Alors bien sûr, ce n’est pas mon cas ni le votre. Tout ça pour vous dire d’essayer de ne pas vous offusquer si cette question est posée par un spécialiste.
En revanche, si cela vient d’un pote (toujours celui à l’humour douteux), vous avez le droit de jouer les niaises et de répondre :
— Ben non ! Mais tu sais, on n’essaye pas beaucoup non plus, parce que ça fait quand même mal de se faire pénétrer par les narines !


mercredi 6 novembre 2013

18. Faut te faire une raison, la nature est quand même bien faite. Si ça ne marche pas, c'est que c'est mieux comme ça !

J'ai envie de hurler ! Vous aussi ? Normal !

NON, on ne peut pas se faire une raison, car heureusement pour nous, il existe de nombreux moyens qui nous donnent la possibilité de devenir parents. Il est légitime, puisqu'on en a le droit, de se battre pour obtenir ce qu'on mérite. Et oui, on le mérite, nous aussi !

NON, la nature n'est pas toujours bien faite. Car si elle l'était :
  • Il n'y aurait pas en France 2 enfants par jour qui meurent pour cause de maltraitance.
  • On ne trouverait pas des bébés dans le congélo, des bébés enfermés plusieurs mois dans un coffre de voiture, des enfants violés par ses parents, des enfants mutilés par des ??? (mot inexistant dans le dictionnaire).
  • Il n'y aurait pas non plus d'enfants abandonnés ou massacrés à coups de pelle.

NON, si ça ne marche pas, ce n'est pas mieux comme ça ! Si ça ne marche pas, C'est en partie de ta faute, à TOI, qui, en plus de tes propos infâmes, bousille, pollue et massacre à petit feu cette nature censée être bien faite.

Et quand la nature est bien faite en créant des sables mouvants où l'on pourrait y jeter quelques odieuses personnes comme TOI, c'est la loi qui intervient en nous y empêchant...
Tant mieux pour TOI, dommage pour nous (mais fais gaffe quand même, on ne sait jamais).


mardi 5 novembre 2013

17. Tu te rends compte la pauvre, elle ne peut pas avoir d'enfant ! Merde, toi non plus !

Il arrive un moment où vous vous sentez tellement incomprise que vous ne parlez plus de votre infertilité à qui que ce soit. Du coup, les gens en oublient complètement que vous galérez pour avoir un enfant (c'est le genre d'information qui est facile d'oublier pour les autres).

Cette phrase, j'y ai eu droit personnellement. La personne en question a gaffé, comme cela arrive souvent, très souvent, trop souvent. Mais devant son air désolé et sa mine contrite, je n'ai pas eu à cœur de la remettre en place. Je me suis seulement dit que si elle éprouvait un peu de compassion pour l'autre personne, elle devait en avoir aussi un peu pour moi...
J'ai donc affiché un petit sourire, signifiant « Et oui, je me rends compte, car moi non plus ».

Et finalement, même si notre entourage oublie momentanément notre infertilité, cela ne veut pas forcément dire qu'ils s'en fichent. Ils ne savent tout simplement pas comment s'y prendre avec nous (t'as vu Ludow, je pense à toi aussi ;) )


Note de l'auteure : c'était mon moment « compréhensif et indulgent ». Notez-le bien, car ça ne se reproduira pas souvent...


dimanche 3 novembre 2013

15. T'as de la chance, toi au moins tu as eu le temps de te faire à l'idée... Moi c'est arrivé trop vite.

Il peut arriver que l'envie vous prenne de vous confier un peu auprès de vos amies. Et c'est souvent là qu'on se rend compte du décalage énorme qui existe parfois entre elles (les fertiles) et nous (les infertiles).
Peut-être pour atténuer l'ampleur de votre souffrance, ou peut-être parce que réellement, vos copines pensent que vous êtes mieux loties qu'elles, ces dernières estimeront que vos malheurs sont une chance.
Ben, c'est vrai quoi, il vaut mieux attendre bébé plusieurs années plutôt qu'il arrive au premier cycle !
Un bébé au premier cycle ? Mais quelle horreur !

Il y a cependant une question qui me turlupine :
Mesdames, quand vous prenez la décision d'arrêter votre contraception, c'est bien que l'idée de concevoir un enfant a déjà germé un minimum dans votre tête, non ?
Il serait un peu déraisonnable de se dire :
« Et si on faisait un bébé ? Oh, je vais arrêter la pilule, pour que dans 6 mois je tombe enceinte, comme ça, j'aurai le temps de me faire à l'idée ».

N'y voyez aucune morale là-dedans, juste une question de bon sens...


samedi 2 novembre 2013

14. C'est pour quand le deuxième ?

Très difficile, voire carrément impossible, d'échapper à cette question lorsqu'on a déjà un enfant. En fait, il semblerait que pour être dans la « normalité », il faille en avoir deux. Un, ce n'est pas assez et à partir de trois, c'est trop !
Quand vous avez donc l'immense chance d'en avoir un, la question « Alors, le bébé, c'est pour quand ? » (voir article 9) se transforme en « Alors, c'est pour quand le petit frère ou la petite sœur ? ».
Arggggggggggggggggggg (cri de guerre intérieur qui ne demande qu'à s'extérioriser).
Eh bien, cela non plus ne vous regarde absolument pas ! Peut-être que nous n'en voulons qu'un (et oui et oui, ça arrive même aux meilleurs), peut-être que nous en voulons plein mais que ce n'est pas aussi facile que ça, peut-être aussi que c'est déjà en route, mais qu'on a pas envie d'en parler.

Puis s'enchaînent les conseils à deux balles :
- qu'on doit se dépêcher pour éviter une trop grande différence d'âge.
- qu'il faut qu'on arrête de faire une fixette dessus car on se bloque nous-même.
- qu'il faut qu'on se magne de le mettre en route pour que tata Mauricette puisse le voir avant de mourir.
Bref... En fait, il y en a tellement que ce n'est pas un article qu'il faudrait, mais une encyclopédie.

Les « malchanceux » qui ont eu leur premier enfant naturellement et très rapidement, doivent s'armer d'une patience sans borne pour faire face à l'incompréhension générale. Il est INCONCEVABLE qu'un « bébé couette* » puisse être suivi d'un recours à la Procréation Médicalement Assistée. Et pourtant si, c'est bel et bien possible et cela est d'autant plus dur à supporter pour ces couples qui basculent de fertiles à infertiles. Il est donc bien inutile d'en rajouter une couche, n'est-ce-pas ?

Donc à tous les gens qui lisent ce fabuleux blog, je vous le dis : on peut devenir infertile après avoir été fertile, devenir fertile après avoir été infertile, et rester infertile après avoir été infertile. Maintenant, vous allez me copier 100 fois la phrase suivante :
« Je ne poserai plus jamais cette question embarrassante ».


* Bébé couette = bébé conçu sous la couette (ne pas confondre avec un bébé à couettous)



vendredi 1 novembre 2013

13. Arrête d'y penser !

Encore une phrase mettant en cause notre tête, notre psychologie.


— Bébé tarde vraiment à venir...
— Tu y penses trop !

— Chéri a des problèmes de spermatozoïdes...
— Tu y penses trop !

— J'ai de l'endométriose...
Tu y penses trop !

— Je n'ai pas eu d'embryon lors de ma FIV...
Tu y penses trop !


Bref, vous l'aurez compris, vous aurez beau dire et beau faire, rien n'empêchera cette réflexion sans queue ni tête (mouahah, quel jeu de mot !).

Lorsque le verdict de l'infertilité tombe, il devient difficile de ne plus y penser, qui plus est lorsqu'on doit se rappeler quotidiennement l'heure de l'injection ou subir les incessantes questions de l'entourage.

Puis, très fréquemment, viendra s'ajouter le conseil suivant :

Arrête d'y penser ! Regarde-moi, je n'y pensais pas et paf, je suis tombée enceinte de suite !
 
Eh bien moi, pour le coup, j'ai très envie de protester !  Un jour j'ai lu une réplique d'une pmette que j'ai trouvé très juste :
"Il faut tourner le problème à l'envers : c'est aussi, et surtout, parce que c'est arrivé de suite, que tu n'as pas eu le temps d'y penser".