vendredi 8 août 2014

89. Moi au moins je te comprends. Je sais ce que c'est de perdre un bébé puisque j'ai fait une IVG.

Bien évidemment, on ne doit JAMAIS dire ceci à une infertile, ni même à une non-infertile d'ailleurs ! On ne parle pas ici d'IMG (Interruption Médicale de Grossesse) mais bien d'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse).
L'IVG est, en règle générale, un choix volontaire, qui se respecte mais qui n'est en aucun cas comparable à une fausse-couche.

Imaginez, ça serait un peu comme si je me rendais en Somalie, et que je disais à l'un des habitants complètement affamé :
— Nan, mais j'te comprends, tu sais ! Moi aussi, j'ai fait une grève de la faim pour protester contre la hausse des impôts... donc je sais ce que c'est !

Tss, tss, tss...



vendredi 27 juin 2014

88. Au moins toi, t'as pas de problèmes pour faire garder tes gosses puisque t'en as pas !

Dire cette phrase à un infertile, c'est un peu comme lui coller une énorme cible en plein cœur et le viser d'une flèche empoisonnée. Parfois, les réflexions que l'on nous fait sont de la simple maladresse, ou de l'humour douteux, mais parfois, ce n'est que de la pure méchanceté. OK, faire garder les enfants peut s'avérer être un véritable casse-tête, j'en conviens. Mais est-ce une raison suffisante pour attaquer de la sorte ?

Et après, les gens vont se demander pourquoi on ne peut plus rien nous dire sans qu'on "saute au plafond"... (oui, bon, c'est pratique pour nettoyer les tataragnes toiles d'araignées, mais quand même...)


vendredi 20 juin 2014

87. Plutôt que de te lamenter de ne pas avoir d'enfant, sois heureuse et fais du sport !

Bon, alors déjà, je vais être claire : je déteste faire du sport ! Ça me fatigue d'en faire et ça me fatigue (presque autant) de regarder les autres en faire...

Du coup, je me suis demandée comment on pourrait être infertile, mais heureux et épanoui grâce au sport, surtout quand on n'aime pas ça ! Et j'ai trouvé LA solution :

Faire comme Tom Hanks qui a adopté un ballon de volley dans le film « Seul au monde » !

Nous, on pourrait adopter un ballon de handball (oui, c'est quand même plus petit donc plus pratique à transporter qu'un ballon de volley). Comme Tom, on lui donnerait un petit nom, et on ne se casserait pas la tête, car c'est comme le Port Salut, c'est écrit dessus ! Donc, notre enfant s'appellerait Hummel, et même que ça serait vachement marrant parce qu'on pourrait faire plein de blagues du genre :
— Hummel pue du cucul la petite !
(si votre ballon est un garçon, je vous conseille d'acheter une autre marque)

Un problème se pose, par contre :
Pour celles et ceux qui aiment vraiment le sport, vous pourriez être pris de pulsions démoniaques qui vous pousseraient à jeter votre nouvel enfant contre le sol pour le faire rebondir. Alors oui, avec celui-ci vous aurez le droit de le faire, mais cela risquerait de vous donner de mauvaises habitudes en cas d'éventuelle future réussite à être parents d'un « vrai » enfant...
Enfin bon, c'est vous qui voyez, bien sûr !



vendredi 13 juin 2014

86. Oui, ben, je suis désolé, madame, mais les traitements hormonaux qui font grossir, c'est une légende, hein ! Z'avez qu'à moins vous goinfrer !

— Et le docteur hyper compatissant et compétent, qui a choisi ce métier par pure noblesse d'âme, c'est une légende aussi ?

Fort heureusement non ! Mais quand cette phrase vient d'un professionnel de la santé, on ne peut que se dire que décidément, il y a des gâches-métiers partout...

Parce que non, les traitements hormonaux qui font grossir, ce n'est pas une légende ! C'est au contraire une triste réalité qui, même si elle n'est pas systématique chez toutes les femmes en traitement, représente malgré tout un pourcentage important ! C'est tellement plus facile de clamer que la femme infertile grossi parce qu'elle déprime à cause de ses échecs et que donc elle se goinfre pour se remonter le moral...
Ce n'est pas grâce à des gens comme ça, qui vivent encore dans leur convictions moyenâgeuses, que la recherche et les progrès de la médecine avancent... Mais bon, il faut de tout pour faire un monde... enfin, il paraît !



vendredi 6 juin 2014

85. Tu n’as pas besoin d’enfant maintenant que t’as acheté ton chien…

— Mais tu as fichtrement raison, crénom d'un p'tit bonhomme ! D'ailleurs, je peux même rajouter, que puisque le chien est le meilleur ami de l'homme, je n'ai donc plus besoin de toi non plus ! Bye, bye ! 


lundi 26 mai 2014

84. Il paraît que l'infertilité, c'est souvent psychologique...

Réflexion encore entendue très récemment... Mais c'est un peu de ma faute, et voici pourquoi (oui, parfois, je raconte aussi ma vie) :

Quand, en voyant mon ventre rond, une personne me demande si c'est mon premier, je réponds en souriant que non, c'est mon troisième. Là, irrémédiablement, l'interlocuteur(trice) fait de gros yeux ronds (genre, elle est vraiment timbrée, celle-là, de faire 3 gosses). C'est à ce moment que je ne peux m'empêcher de me « justifier » (me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien) :
— Oui, mais c'est parce que c'est un petit miracle, celui-ci ! On a vachement galéré pour avoir nos deux premiers, on est infertiles, on a fait des FIV, ça devait pas marcher naturellement, et tout, et tout... 

Je ne vous fais pas de dessin (parce que c'est Ludow qui s'y colle !), vous aurez bien compris, qu'inévitablement dans la tête des gens, mon infertilité venait donc d'un blocage psychologique que je suis enfin parvenue à débloquer, et que forcément, paf, ce fléau du siècle est très très très très souvent dû à ça ! Si, il paraît qu'ils l'ont dit à la télé l'autre jour !

Donc, il y a quelques jours, la fille aux yeux ronds affiche un visage émerveillé et clame :
— Quoi ? Tu pouvais pas avoir d'enfants et finalement ça a marché ? Tu vois, j'ai vu une émission à la télé la semaine dernière dans laquelle ils disaient que l'infertilité, c'était presque toujours psychologique et qu'ils ne savaient pas comment décoincer les gens !

Là, dans mon esprit « décoincé », je me suis imaginée en train de lui sauter au cou en lui hurlant :
— Mais n'importe quoi espèce d'ignare, j'suis pas coincée ! Et puis même si c'était le cas, il vaut mieux être coincée que conne, na !
Puis, dans un dernier geste libérateur, je lui aurais collé une bonne grosse baffe !

Au lieu de cela, j'ai pris un grand bol d'air pour ne pas mettre en œuvre mes pensées, et j'ai répondu du plus calmement que possible :
— Tu ne sais pas encore qu'à la télé, ils ne disent que des conneries ? Fais gaffe à toi, car c'est pas en écoutant des absurdités qu'on devient instruit, tu sais...

Bon, elle ne m'a plus reparlé depuis, mais au moins, elle est encore intacte physiquement...